Après plusieurs années de cueillette des plantes sauvages dans le Cantal, début 2009 Brigitte CHABEAUX franchit le pas de s'installer dans le pays du Saint Amandois, sur le Boischaut : elle nous présente son exploitation. Celle-ci comprend 10 hectares dont 5 seront exploités en 2010 en cultures aromatiques, médicinales et culinaires certifiées ‘Agriculture Biologique' ; le reste est inexploité ou boisé. Les différentes productions sont réparties sur des parcelles qui vont de 100 m² à 15 000 m², en fonction de leur destination. L'exploitation comprend plusieurs bâtiments qui permettent de transformer les plantes et de stocker le matériel de l'exploitation (tracteur, charrue, vibro, semoir...). Brigitte s'est équipée de deux séchoirs dynamiques qui permettent de déshydrater en 1 passage jusqu'à 400 kilos de plantes en 48 heures : les herbes, séchées rapidement, gardent ainsi toutes leurs propriétés et se conservent bien. Elle réalise elle-même environ quatre vingt pour cent des travaux vu son équipement actuel. Pour les gros travaux, lorsqu'il faut être plusieurs ou qu'il y a besoin d'un matériel qu'elle n'a pas, Brigitte fait appel à d'autres agriculteurs. 90% de la production est écoulé en ‘gros' ou ‘demi gros' vers une coopérative de cueilleurs de l'Auvergne, la SICARAPPAM.
Le reste de la production, plus élaboré, est vendu en ‘herboristerie' via la coopérative ou en vente directe : la qualité et la finition nécessaires pour l'herboristerie sont différentes et peuvent concerner, selon les plantes, les fleurs, les pétales ou les feuilles.
C'est dans cette catégorie également que se trouvent les plantes vendues en sachets aux particuliers, pour les tisanes : Brigitte propose une gamme de 16 parfums différents à base de Camomille, Mélisse, Menthe verte, Menthe poivrée, Tilleul, Verveine odorante, Vigne rouge mais également de Reine des Prés, Aubépine, Sauge, Souci, Mauve, Menthe Bergamote et de Frêne.
Quelques plantes culinaires (Sauge officinale, Origan, Estragon...) ainsi que des ‘fruités' (pomme, cassis, églantier, groseille...) complètent la gamme
La coopérative propose 600 références de plantes aromatiques et médicinales à destination de l'Herboristerie, des Laboratoires pharmaceutiques et homéopathiques, de la Gemmothérapie, la Cosmétologie, la Liquoristerie ou de la Recherche. D'autres productions sont destinées à la décoration florale des magasins et sont vendues sur le marché de Rungis : elles sont achetées par les fleuristes ou les magasins en période de fêtes. Des projets de développement existent, notamment sur les fleurs culinaires.
B.C. : « Je suis d'origine agricole et je souhaitais m'installer »
« Avec la culture de plantes médicinales et aromatiques, j'ai pu m'installer sur une surface pas trop grande et avec du petit matériel, pour lequel l'investissement a été limité ; j'utilise essentiellement du matériel de maraîchage et je peux réaliser moi-même la majeure partie du travail de production et de récolte : de plus en plus je tends vers une autonomie complète.».
« J'ai également des bois que j'exploite par la cueillette de champignons, de fleurs (aubépine, sureau...), de feuilles (frêne...) ou de plantes sauvages , ce qui contribue à rentabiliser mon exploitation. »
B.C. : « Je me soigne par les plantes et j'éprouve une satisfaction morale à produire quelque chose qui est bon pour la santé.» « J'aime les odeurs et les couleurs des parcelles cultivées l'été. »
« Je fais beaucoup de démarchage pour créer ma clientèle : je vends en direct ou dans des magasins ‘bio'. Je m'investis également dans la Coopérative elle-même pour trouver de nouveaux débouchés. Cela me passionne.»
B.C. : « J'aimerais utiliser les bâtiments inoccupés en créant un gîte équestre. »
« Je souhaite mettre en place une serre de 80m² : bâchée en noir l'été, elle pourrait augmenter mes capacités de séchage. »
« Je cherche de nouveaux débouchés : les fleurs culinaires qui en sont à leurs débuts ou les produits de ‘luxe' ; l'idéal serait que la coopérative puisse signer des contrats avec des clients avant que nous, producteurs, mettions en place nos cultures afin de pérenniser nos débouchés. »
Brigitte débute et beaucoup reste encore à faire sur son exploitation mais ses débuts sont très encourageants et son énergie et son enthousiasme sont prometteurs.
La filière des plantes aromatiques et médicinales est actuellement peu structurée : Brigitte travaille avec d'autres jeunes producteurs pour faire évoluer la situation et fiabiliser les débouchés, qui sont nombreux.