Catherine Sautereau nous accueille aujourd'hui sur la Ferme d'Avrely : cette exploitation de polyculture élevage se trouve dans le Sancerrois sur la commune de Neuvy deux clochers. Elle se compose d'un troupeau laitier de 70 prim'holstein, d'une fromagerie récente et d'une surface cultivée de 200 hectares ; 70 hectares sont réservés au troupeau et le reste est cultivé en céréales. La main d'œuvre est en partie familiale avec les beaux-parents, Catherine, son mari et deux salariés. Le défi de Catherine a été il y a 5 ans de construire une fromagerie aux normes CEE et de développer une vente directe de fromages de vache en pleine zone AOC Chavignol du fromage de chèvre : elle les vend à la ferme et sur les marchés locaux. (Saint satur le jeudi, La charité sur loire le samedi et Cosne sur loire le dimanche). La Ferme d'Avrely fait partie du réseau Bienvenue à la Ferme : elle s'est donc engagée à respecter une charte d'accueil et de qualité pour la clientèle. La qualité des aménagements réalisés à l'entrée de l'exploitation pour accueillir les clients montre ce souci de bien recevoir.
Aux questions que nous lui avons posées, Catherine Sautereau nous fait partager sa vision du métier.
« Nous avons fait ce choix pour plusieurs raisons : j’ai toujours été tentée de transformer notre lait par plaisir du goût, par curiosité, par passion et nous disposons d’une matière première qui offre un très large choix de transformation. Il y a aussi le plaisir d’avoir des contacts, hors cadre agricole avec une clientèle variée qui aime notre métier et qui s’y intéresse. Grâce à la vente directe, nous établissons le lien entre les citadins et les agriculteurs avec, entre autre, l’opération Bienvenue à la Ferme le temps d’un week-end».
Les Porte Ouvertes de Bienvenue à la Ferme ont lieu chaque année le 3ème dimanche d’avril.
« Aujourd’hui notre choix est conforté par l’ouverture des marchés sur l’Europe et sur le monde, ce qui bouleverse et déstabilise notre métier».
En effet, le fait de mieux valoriser une partie de leur production de lait par la transformation leur permet de mieux faire face à leurs charges malgré la chute actuelle du prix du lait.
« C’est une activité qui demande de la créativité et du renouvellement. C’est un challenge de démarrer un nouveau métier, avec une activité fromagère et commerciale. Il faut prouver que l’on peut se développer avec un produit qui n’est pas du Crottin (fromage de chèvre) en proposant une gamme de produits de plus en plus variée : le lait frais de la traite du matin, les fromages, le beurre, la crème, les yaourts, les fantaisies pour les apéritifs et autres… C’est aussi un bonheur de présenter notre ferme aux écoles, avec des enfants émerveillés devant les animaux,…, et d’expliquer notre métier au public par le biais d’opérations comme l’été des entreprises».
Un autre avantage à cette diversification est la souplesse de l’approvisionnement en matière première avec le lait qui est disponible sur place ; ils peuvent donc être réactifs et adapter assez facilement leur offre à la demande.
« Depuis 5 ans, l’évolution se fait doucement mais sûrement ; nous allons poursuivre notre activité en la développant à notre rythme. En ce qui me concerne, je tiens à rester maître de ce que je fais tout en exigeant le meilleur en qualité sur toute la gamme de mes produits, afin de garder mes valeurs. »
Face aux inconvénients incontournables de cette activité de diversification que sont le coût très onéreux des équipements (fromagerie, matériel de laiterie pour la transformation) et la pleine disponibilité à recevoir la clientèle en toutes saisons, malgré les pointes de travail, des avantages certains se dégagent et doivent être mis en avant :
- c’est un travail agréable, innovant et passionnant
- c’est un travail valorisant, qui apporte une valeur ajoutée non négligeable au lait
- c’est un métier qui permet de nombreuses rencontres et des échanges enrichissants