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Vente directe de viande bovine et d’œufs frais

Nous avons rendez vous à Marçais sur l’exploitation de Cécile et Stéphane Courcelle Labrousse, la SCEA de MAGNY. Il y a 10 ans que Cécile et Stéphane se sont installés hors cadre familial sur cette exploitation avec un troupeau de vaches charolaises. Ils ont introduit ensuite des vaches de race ‘Hereford’, une race à viande très peu connue en France mais réputée dans d’autres pays pour sa rusticité et son aptitude à vêler en plein air sans assistance particulière. Les qualités gustatives de sa viande ont favorisé également le choix de cette race. Les bovins de race Hereford ont la particularité de ne pas avoir de cornes : leur tête est blanche et leur robe est parsemée de tâches bruns rouges.
Avec 120 mères, le troupeau est actuellement à dominante Limousine car la race Hereford a été fortement touchée par la crise de l’ESB en Angleterre. Suite à cette épidémie et l’éradication des bovins qui a suivi, le coût des reproducteurs sur le marché anglais a atteint des prix prohibitifs.
160 hectares de prairies permanentes ainsi que, depuis quelques mois, un atelier de 180 poules pondeuses de plein air de race Hy-Line, complètent l’exploitation.
Stéphane et Cécile travaillent tous les deux sur le domaine. Tous les 15 jours, la viande est découpée et mise sous vide dans un laboratoire agréé pour la vente aménagé sur place dans une partie des bâtiments ; elle est conditionnée en caissettes de 5 ou 10 kg et vendue directement à des particuliers (commandes individuelles ou commandes groupées).
Les 140 œufs récoltés chaque jour complètent les produits proposés à la ferme depuis cet été.
La SCEA du Magny fait partie du réseau Bienvenue à la Ferme , par lequel elle peut se faire connaître pour vendre ses produits.

« Pourquoi ce choix ? »

Stéphane : « Nous installer a été un choix de vie et nous avons opté volontairement pour des races rustiques, que nous élevons dans le respect de la nature, afin de produire une viande de qualité qui a beaucoup de goût ; nous avons 70 hectares en Natura 2000.
« Les bovins sont sur les prairies le plus longtemps possible, même en période de vêlages.
Cécile : « Nous avons décidé de mettre en place un atelier de poules pondeuses car nous avions une ancienne étable entravée non utilisée qui convenait très bien  pour les abriter ; de plus un parcours attenant nous permet de les élever en plein air, et de produire des œufs de qualité. 

« Quels intérêts trouvez-vous à cette diversification ? »

Stéphane : « Vendre la viande en caissettes nous permet de supprimer plusieurs intermédiaires : l’éleveur ne vend pas à perte et le consommateur y trouve son intérêt car nous lui vendons de la viande de bonne qualité et à un juste prix.
Cécile : «  Pour trouver la clientèle, nous avons fait beaucoup de démarchage par téléphone, à domicile : cela nous a permis d’avoir beaucoup de contacts dans une région où nous arrivions et de nous créer ainsi un réseau de connaissances.
« Les œufs sont un bon produit d’appel pour la clientèle : nous en avons en permanence alors que la viande doit être commandée d’avance : les deux produits se complètent.

« Quel avenir envisagez vous ? »

Cécile : «  Nous aimerions pouvoir nous équiper d’une mireuse –calibreuse afin de pouvoir être reconnus comme centre d’emballage agréé et de pouvoir vendre nos œufs à des commerçants : nous pourrions ainsi produire plus d’œufs et augmenter le nombre de poules pondeuses jusqu’à 400.
Stéphane : «  J’aimerais pouvoir vendre beaucoup plus d’animaux en vente directe : actuellement, j’en abats environ un quart pour les préparer et les mettre en caissettes et les autres sont vendues en vif à un prix toujours difficile à négocier ; j’aimerais pouvoir en vendre 80% en vente directe !
Cécile de son côté réfléchit à la possibilité de transformer une partie de la viande en conserves mais ceci nécessite un équipement spécifique difficile à envisager sur place.
Elle n’exclut pas la possibilité de s’organiser avec d’autres producteurs pour faire aboutir son projet.

Conclusion

Même si le temps de travail nécessaire pour préparer un bovin représente plus de 24 heures par tête (boucherie, laboratoire et nettoyage), sans tenir compte du temps passé pour la commercialisation, cette activité est très intéressante pour l’éleveur qui rentabilise au mieux son élevage en transformant tout sur place.
Quant aux poules pondeuses, c’est une seconde production qui semble prometteuse car elle complète bien la première sur cette exploitation et de nombreux débouchés restent encore à exploiter.

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